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Entreprendre : une affaire de configuration stratégique instantanée perçue[1]
Tribune SADC sur l’entrepreneuriat en région
Éric Laliberté, diplômé de l'UQAT, le 27 février 2012

Pratiquement toutes les publications portant sur l’économie et le monde des affaires font état de la diminution de la population active au cours des prochaines années, ce qui aura pour effet d’accentuer la pénurie de main-d’œuvre et d’accroître les défis d’embauche et de rétention pour les petites et moyennes entreprises du Québec. L’entrepreneuriat en sera tout aussi affecté, car moins d’hommes et de femmes seront enclins à démarrer des entreprises, préférant plutôt les avantages que leur procurera un statut d’employé. Cette situation accentuera le manque de relève disponible à prendre les rênes des entreprises, alors que les fondateurs seront bientôt prêts à passer le flambeau.

Or, des données récentes de la Fondation de l’entrepreneurship du Québec (2009 et 2011) démontrent que l’Abitibi-Témiscamingue présente un taux d’intention de création d’entreprise (TICE) parmi les plus faibles au Québec et que celui de la province est l’un des plus bas au Canada. Ainsi, 9,5 % de la population québécoise est propriétaire d’une entreprise contre 16,3 % dans le reste du Canada, et seulement 7 % des Québécois ont l’intention de devenir entrepreneurs, alors que ce taux grimpe à 11,1 % au pays.

Ces constats peu prometteurs mènent à la pertinence de comprendre le processus d’engagement dans la création d’entreprises pour permettre de raffiner les modes de soutien de la culture entrepreneuriale et d’accompagnement des entrepreneurs, deux enjeux à la fois distincts, mais fortement reliés dans la pratique.

L’acte de création d’entreprise (ou de relever l’entrepreneur d’une entreprise existante) dépend d’une configuration stratégique instantanée perçue des conditions motivationnelles, des ressources disponibles et des occasions. Une quoi? L’individu, futur entrepreneur, fera une évaluation spontanée, donc variable dans le temps, de ses divers atouts, de sa condition, du contexte et des enjeux, lui permettant de trouver les moments propices pour démarrer une entreprise, d’où la configuration instantanée des conditions favorables. Ces « fenêtres » ouvertes dans le temps, opportunes à l’engagement entrepreneurial, forment une conjoncture positive au démarrage d’entreprises.

Tout programme ou toute stratégie locale dédiée à stimuler l’entrepreneuriat devrait soutenir et raffermir les motivations ainsi que les aspirations personnelles des futurs entrepreneurs. Il faudrait que cette aide développe leurs habiletés, leurs aptitudes entrepreneuriales et leurs compétences managériales, tout en aiguisant leur acuité à la recherche d’occasions d’affaires. Elle devrait ouvrir et nourrir l’environnement immédiat pour le rendre favorable à la création et au développement des entreprises.

Un tel programme requiert le soutien de tous les acteurs locaux qui partagent la volonté d’implanter une forte culture entrepreneuriale. Ils doivent s’assurer que toutes leurs actions répondent de façon cohérente et personnelle à chaque individu engagé dans un processus de création d’entreprise, dans le seul but qu’il soit accompagné à devenir non seulement un entrepreneur, mais un meilleur entrepreneur.



[1] Tiré de : Christian BRUYAT, « Créer ou ne pas créer? », Revue de l’entrepreneuriat, vol. 1, no 1, 2001.





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